Publié le Vendredi 24 février 2012 à 09h51.

Le NPA s'«agace» des «obstacles» du PS dans sa quête de signatures (Libération du 23 février)

 

Les mois passés loin des médias n'ont pas altéré sa verve face caméras.«La vérité c'est qu'avec nos petits bras musclés on est toujours obligé de passer à l'arrache. On n'a jamais rien quémandé». Olivier Besancenot est remonté. Tout bronzé de retour d'un séjour au ski, l'ancien candidat à la présidentielle (2002-2007) est depuis quelques jours de retour en première ligne pour filer le coup de main à son successeur, Philippe Poutou, dans sa quête des 500 signatures.

«Obstacles»

Selon la direction du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), le compteur dela formation d'extrême gaucheaffiche 460 paraphes de maires. Mais dans la dernière ligne droite qui mène au 16 mars, date limite de dépôts des signatures devant le Conseil constitutionnel, le NPA se plaint des«obstacles»que lui mettrait le PS pour l'empêcher de présenter son«ouvrier-candidat»de l'usine Ford de Blanquefort (Gironde).

«On a des retours sur le terrain qui nous agacent, a lancé Besancenot ce jeudi en conférence de presse aux côtés de Poutou.Des maires de petites communes, notamment dans l'Aisne et en Picardie, sont sollicités pour parrainer la candidature de François Hollande qui n'en a pas besoin. C'est une nouveauté.»Déjà en janvier, Poutou et Besancenotavait adressé un courrier aux élus PS, UMP, Front de gauche et d'Europe Ecologie - Les Verts pour leur demander de ne pas gêner les militants NPAdans leur quête aux signatures.

«Politicien professionnel»

«Est-ce que oui ou non Philippe Poutou est légitime pour être candidat ?»,interpelle Besancenot, posant la question à François Hollande mais aussi Eva Joly et Jean-Luc Mélenchon:«Que Poutou n'ait pas ses signatures, ça n'a pas l'air d'émouvoir grand monde à gauche... Comme par hasard, ça tomberait sur un des rares qui n'est pas un politicien professionnel». Le postier s'adresse directement à François Hollande:«On lui demande de bien réfléchir à ce qu'il fait, et de s'en prendre à la finance plutôt que de perdre du temps à bien faire réfléchir une vingtaine de maires qui pourraient nous manquer». Voulant croire à un«malencontreux hasard», Besancenot se fait même menaçant:«Si ce n'est pas le cas, on a de la mémoire...»

«D'ailleurs, si vous êtes copains avec des élus...»

«Je ne vois pas à quoi joue le PS, confie Alain Krivine, co-fondateur de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), ancêtre du NPA, et candidat à la présidentielle en 1969 et 1974.Au contraire Poutou peut mobiliser des électeurs qui, sans lui, s'abstiendraient et qui manqueraient à Hollande au second tour si nous n'étions pas présent au premier.»

«Le PS n'a pas besoin de ces signatures, renchérit Poutou,D'ailleurs, si vous êtes copains avec des élus...». Plus détendu que d'habitude face aux journalistes, le candidat NPA jure qu'il ne«jettera pas l'éponge»malgré son niveau toujours aussi bas dans les sondages (entre 0% et 1%).«On ne lâchera pas le morceau[...]Il faut qu'il y ait au moins un ouvrier-salarié qui puisse être candidat dans cette présidentielle»: dans les réponses du débutant en politique, malgré les hésitations, percent désormais quelques«éléments de langage». Poutou compte bien s'en servir jusqu'au 22 avril.

LILIAN ALEMAGNA