Publié le Jeudi 8 mars 2012 à 09h46.

Philippe Poutou dans la dernière ligne droite (Est Républicain)

Le NPA n’a pas encore le nombre de signatures pour que l’ouvrier puisse être candidat. Cela ne l’empêche pas de faire campagne, comme hier à Nancy.

 

Philippe Poutou en a vu d’autres. Le syndicaliste chez Ford, près de Bordeaux, est un habitué de la lutte au plus près du terrain. Tenez, sa visite à Florange, il dit d’elle que « c’est un super bon moment de la campagne, cette bataille pour sauver son boulot, cette colère contre un patron qui fait des milliards de bénéfices ». Il a connu ça dans son usine. Quelque part, cela a dû lui tanner le cuir.

Devenu candidat à l’élection présidentielle, le représentant du NPA fait le boulot. « Je dis pas que j’en rêvais depuis tout petit », observe-t-il, avec sa voix tranquille, devant un café à Nancy, où il était en meeting hier soir. Philippe Poutou est dans une démarche collective. Il s’agit de porter une parole dans cette campagne. Pour ça, il faut d’abord réunir les 500 signatures. Le compteur atteint pour l’instant 384, plus une centaine de promesses. Il sait que ça ne suffit pas. « Il reste dix jours, c’est un peu notre dernière ligne droite », prévient le candidat.

« 13 minutes 53 secondes »

Le matin, il a rappelé une des mesures voulues par le NPA : taxation à 100% à partir de 250 000€. François Hollande l’aurait-il pris de court sur la fiscalité ? « Ce n’est pas lui qui va nous prendre de court ! Mais en janvier, il a eu 66 heures de radio-télé. Nous, 13 minutes 53 secondes… » Philippe Poutou veut redonner la parole au peuple, loin des professionnels rodés. Pour ça, il faut d’abord « dégager ce gouvernement exécrable ». A gauche donc. Mais le NPA ne se fait pas d’illusion sur François Hollande et son « austérité de gauche ». « Nous espérons que ce sera un déclic, que viendront ensuite des luttes sociales et une mobilisation », explique l’ouvrier.

Il évoque le « bouclier social : augmentation des salaires de 300€, interdiction des licenciements, plus de suppression de postes dans le service public ». La dette : suspension du paiement des intérêts. « Elle a été une politique de cadeaux aux riches pendant des années. » Le NPA pense écologique : il souhaite aussi une sortie du nucléaire.

Depuis le 1 ermars, Philippe Poutou ne travaille plus qu’un jour par semaine à l’usine. Aujourd’hui, il est à Paris. Pour une rencontre sur la journée de la femme, il se retrouvera avec les autres candidats de gauche. Parlera-t-on de convergence des luttes ? « C’est pas gagné. »

Ju.B.