Publié le Mercredi 11 décembre 2019 à 15h50.

La réaction de Philippe Poutou aux déclarations d’É. Philippe sur les retraites

Une petite réaction suite au discours d’Edouard Philippe concernant la réforme des retraites.

45 minutes à peu près, on peut dire « rien de nouveau, pas de surprise », mais même ça c’est peu dire : d’un côté on a pu constater la prudence dans le discours, dans la forme, mais dans le fond c’est incroyablement se moquer du monde.

C’est d’abord la posture de celui qui a le souci de l’égalité sociale, d’assurer pour tout le monde des meilleures retraites, alors qu’en réalité ils dégomment tout, ils s’attaquent à tout ça, ils sont dans le prolongement de toutes les réformes des retraites précédentes.

C’est incroyable de voir ce gouvernement qui s’attaque à tout le monde depuis qu’il est là, qui ne sert que les plus riches, qui s’attaque toujours aux plus pauvres, essayer d’apparaitre comme celui qui va essayer d’arranger les affaires de tout le monde.

Ce qu’on voit déjà, c’est la force du mouvement social, à quel point les grèves réussies à la SNCF ou dans l’enseignement ou les grosses journées de manifestations du 5 et du 10, ont mis la pression au gouvernement, comme il fait beaucoup plus gaffe.

On sent aussi, avec les un an des Gilets jaunes, que le gouvernement est fragilisé, il n’est plus en position de faire le malin comme il le faisait avant.

Ceci dit, il veut nous balader, nous manipuler, nous tromper, nous diviser. C’est le but de cette histoire de report après 1975, c’est une volonté de sortir une partie du mécontentement.

Ce discours nous met en colère parce que c’est un foutage de gueule incroyable. Comment ils osent parler comme ça ?! Comment ils osent dire ces choses-là alors que dans le même temps on sait qu’ils répriment méchamment toutes les manifestations, ils arrêtent des militants, ils les enferment, quand ça ne gaze pas ou que ça ne tape pas dessus.

Ensuite on a tous les discours méprisants dans les grands médias sur le corporatisme des uns ou des autres, sur l’égoïsme des cheminots, etc.

Ils n’arrêtent pas d’attaquer, de stigmatiser, ils n’arrêtent pas leur rouleau compresseur ultralibéral. Et à côté de ça ils veulent dire « regardez on essaie de faire bien ». Non !

Ce qu’on espère, c’est que la colère va se renforcer, se libérer. Il y a besoin de ça. Quand c’est comme ça, il faut dire merde. Il faut oser le dire, se sentir capable de la dire. C’est ce qui nous manque peut-être, cette confiance.

Mais à travers les manifestations, à travers les grèves actuelles et les journées qui viennent comme celle de jeudi 12 décembre, samedi aussi et puis mardi 17, une sorte de grosse journée qui sera un gros point d’appui pour essayer de concrétiser tout ça, à travers ces choses-là, il faut qu’on arrive à construire une bataille très large, avec des millions de gens dans la rue, tous ensemble, public, privé, jeunes, chômeurs, les Gilets jaunes, ceux qui sont dans des galères, des précarités extraordinaires.

On est dans cette idée, de comment on peut construire, et peut-être que le discours du premier ministre, finalement, va nous aider, un peu comme en novembre-décembre 1995 les discours de Juppé donnaient plus d’envie d’être le lendemain dans la rue.

On en est là. Il faut relever la tête, et arriver à riposter.

On est dans une période où tout peut arriver.

On peut faire canner le gouvernement, et derrière le gouvernement, il faut faire canner le patronat, les plus riches, parce que le fond du problème est une redistribution des richesses, se réapproprier ce qu’on nous a volé pendant des tas d’années.

Il faut regagner tout ce qu’on a perdu, a minima.

C’est un enjeu énorme, c’est une grosse bataille.

Il faut la mener, c’est le moment, il y a les conditions pour le faire.

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