Publié le Mardi 11 septembre 2018 à 16h58.

Le grand marche des poubelles nucléaires

0)     INTRODUCTION

Pour bien en comprendre les enjeux dans le monde opaque de l’industrie nucléaire et – c’est l’objectif des ateliers de l’Université d’été du NPA- ressortir mieux armé politiquement, il est nécessaire de préciser tout d’abord les spécificités du « marché du nucléaire ».  Ce marché est parfaitement intégré dans le système d’échanges et dans l’économie capitaliste, en France bien sûr, et aussi au niveau mondial. Avec une spécificité évidente de l’industrie nucléaire - qu’elle soit civile ou militaire - qui la distingue de toutes les autres industries (sauf peut-être, mais dans une moindre mesure l’industrie chimique) : son potentiel de danger, avec des risques énormes qui ne concernent pas seulement l’environnement immédiat des installations, mais aussi des régions ou continents entiers, pour ne pas dire la planète entière. C’est d’ailleurs là-dessus (les risques auxquels l’industrie nucléaire expose l’humanité et la nature, c’est-à-dire en définitive l’existence même de la vie sur terre) que se  polarisent les mobilisations antinucléaires, et non directement sur une remise en cause de la dictature du profit. Or le risque nucléaire, qui a pour moteur le profit, est bien un concentré monstrueux de la folie capitaliste. A  ce titre, le combat écologiste est bien une composante essentielle de la lutte anticapitaliste. Pour faire avancer ce combat et combattre le fatalisme d’un monde nucléaire qui serait indépassable, la CNE du NPA a pensé qu’il était utile, à partir d’un sujet concret, « le marché des poubelles nucléaires » de réfléchir ensemble pour répondre à la question : quelles alternatives écosocialistes ?

Quand on parle de « marché » dans le monde du nucléaire, ce terme recouvre une réalité bien particulière :

-       A part la propagande de l’industrie nucléaire (les spots publicitaires sur le « nucléaire propre », 100% écolo, énergie décarbonée, sans effet de serre, qui lutte contre le réchauffement climatique….), on ne voit jamais de pub pour nous inciter en tant que consommateurs à « acheter » des matières nucléaires

-       On ne trouve pas des matières nucléaires en vente dans la grande distribution et dans les sites de commerce en ligne (encore que …)

-       C’est même interdit d’en détenir, et contrairement aux armes, il n’y a même pas de permis

-       Pas possible non plus de s’assurer contre le risque nucléaire (malgré le danger qu’il représente)

Comment donc est organisé ce marché ? C’est l’Etat qui s’en charge, lui qui a aussi organisé la diversification de cette industrie : passage du nucléaire militaire, déficitaire à 100 % (De Gaulle et la bombe atomique), au nucléaire civil (plan Messmer). D’abord avec des industries à capitaux publics (Giscard d’Estaing), à autonomie de gestion (Mitterrand, Chirac), et ensuite la libéralisation du marché, l’ouverture au capital (Sarkozy, Hollande) vers la privatisation complète (loi Pacte de Macron). Même processus pour les autres grandes puissances impérialistes, les détenteurs de l’arme nucléaire : les 5 membres permanents du conseil de sécurité de l’ONU (USA, RUSSIE, GB, Chine, France), où nucléaire civil et militaire sont intimement liés : on parle de complexe militaro-industriel. Avec toutes les « traditions » et pratiques à la hussarde en vigueur chez les militaires (répression, omerta, passage en force etc …)

Voilà donc le contexte général (économique, politique, géopolitique) dans lequel se développe un « marché du nucléaire », qu’il faut bien avoir en tête. Pour cet atelier on a délibérément choisi de se focaliser sur un seul sujet, le grand marché des poubelles nucléaires, avec un zoom sur 2 projets de ces poubelles, 2 installations extrêmement dangereuses, qui sont aussi 2 grosses arnaques, non seulement en termes de désinformation, mais aussi techniquement :

-       Le centre d’enfouissement des déchets CIGEO à Bure

-       La piscine centralisée de combustibles usagés à Belleville sur Loire

 Sachant que ces 2 projets vont polariser et voir s’amplifier les mobilisations dans les prochains mois et prochaines années, il est important de bien en connaitre les véritables risques et comprendre la logique en œuvre pour être en capacité de la combattre et avancer des alternatives anticapitalistes.

On présentera donc ces 2 installations et les dangers qu’elles représentent

Mais tout d’abord, pourquoi une prolifération des déchets radioactifs, ou plus exactement comment s’autoalimente ce marché ?

 

1)     PROLIFERATION DES DECHETS RADIOACTIFS : POURQUOI ?

A L’ORIGINE DU MARCHE DES DECHETS, LE CYCLE DU COMBUSTIBLE NUCLEAIRE

L’Etat a organisé le cycle du combustible, qui perpétue le système. Ce  fonctionnement n’a jamais cessé : directement étatique sous De Gaule, Pompidou ou Giscard ;  incestueux à 100 % (Etat/industrie nucléaire : Mitterrand/Lauvergeon, Sarkozy/Proglio). Avec Macron, c’est encore plus évident, en dépit de la marionnette Hulot (Edouard Philippe, lobbyiste ex directeur des relations publiques d’Areva, est directement chef du gouvernement).

« Exception française » (Japon/Russie) : retraitement des combustibles, rebaptisé recyclage pour faire plus écolo :

Cycle amont                                                            Exploitant                                                               Cycle aval

(extraction/enrichissement/fabrication)               (centrales)                                               (retraitement/stockage déchets) 

 ORANO (ex AREVA, ex COGEMA                        EDF                                                                           ORANO / ANDRA

ORANO et ANDRA deviennent des opérateurs industriels, qui font payer leurs clients, les exploitants.

EDF (ou le CEA pour les réacteurs d’essai) achète les combustibles (URE), les font retraiter (combustible URT), puis font stocker les déchets.

Il y a donc des échanges commerciaux et un marché des déchets, à partir duquel les industriels (ORANO, ANDRA + presta &ss-traitants) se font de la plus-value.

COMMENT S’AUTOALIMENTE LE MARCHE DES DECHETS ?

Le cœur d’une centrale, constitué de plusieurs assemblages de combustibles est renouvelé tous les 3 ans (rechargé par tiers). Assemblages entreposés 3 à 5 ans dans une piscine près du réacteur pour les refroidir dans l’eau avant de les transporter vers La Hague, où ils sont encore refroidis pendant 10 ans dans des grandes piscines avant de pouvoir les retraiter = On récupère ce qui est « valorisable » (U + Pu), soit 96% et on sépare les déchets, « non valorisables ».

L’uranium issu du retraitement est récupéré pour refabriquer du combustible. 

Les déchets les + dangereux (HA 1% = 99% de la radioactivité) sont vitrifiés (déchets HA), ou cimentés (MA-VL) dans des conteneurs en acier.

Les déchets HA doivent ensuite être refroidis à sec (à l’air) pendant 50 ans dans des puits ventilés en ventilation naturelle. Pour en faire quoi ensuite ? Pour les enfouir à 500 m sous terre, à Bure (projet CIGEO).

3 remarques, avant de parler de CIGEO :

1)    Le combustible UNE ne peut être retraité (pardon recyclé) qu’une seule fois

2)    Certains pays (Suède, Finlande), considèrent que les combustibles usés sont des déchets

3)    Toutes ces opérations génèrent elles-mêmes de gros volumes de déchets dits « technologiques » (gants, tenues, outils etc …) ainsi que des boues et effluents radioactifs

 

2)     POUBELLE DE DECHETS ENFOUIS = CIGEO A BURE (ANDRA) 

La loi Bataille (BN du PS et porte-plume de l’industrie nucléaire envisageait 3 possibilités pour le stockage des déchets les + radioactifs : la transmutation, l’entreposage longue durée et le stockage profond (Vienne/granite, Bagnols s/Cèze, Bure) : concept =  barrière géologique (argilite) assure le confinement (< 80°C)

Labo à Bure (Meuse) = arnaque et passage en force car 1977 + 5 + 10 + 50 = 2042

2022 Construction

2035 / 2040 début du stockage

2150 fin ( ?) du stockage (scellement « définitif » à partir de 2135), « POUR L’ETERNITE »

Pour faire passer la pilule : réversibilité (des choix techniques + récupérabilité)

Description :

-       500 m /3,3 km x 3,5 km   / 7,5 millions m3 de matériaux à extraire pour le creusement

-       HA : 60 000 colis (30 000 m3)  / MAVL : 170 000 colis (350 000 m3)

-       Schémas

-       300 km de galeries  /  1500 alvéoles HA diam 70 cm l = 100 m / 50 alvéoles MAVL diam 9 m

-       2 Descenderies 12% (4 à 5km) : colis + services   / 4 puits verticaux : travaux + personnel + 2 ventilation

-       Installations de surface (réception/contrôle/conditionnement/entreposage)

-       Terminal ferroviaire (100 convois de 10 wagons / an sur 120 ans)

Quels risques ? : 

  • Durée de vie inconcevable pour une œuvre humaine (très présomptueux !) :

-       Exploitation 120 ans (2 guerres mondiales)

-       Surveillance > 300 ans (Christophe Colomb)

-       Post-surveillance < 100 000 ans (Néanderthal – 35 000 ans/Volcans Auvergne 8 000 ans …)

-       Matériaux : poterie 10 000 ans / bronze 4000 ans /fer 2500 ans / béton 2000 ans (50 ans) / acier 200 ans

-       Mémoire ; pyramide avec pictogrammes

  • gourous, fous ?
  • 1 seule fonction (confinement), mais de nombreux risques (installation très vulnérable sur la période visée) :

-       Température (180°C/80°C) : stockage de fûts postiches vides intercalaires (2/3 du volume)

-       Pression sol (12 MPa) + réactions physico-chimiques entre GC et sol

-       Stabilité (1 mort en 2016)

-       Inondation (Mine de Asse) : 1972 « l’entrée d’eau peut être exclue avec une probabilité confinant à la certitude »

-       Séisme (475 ans/SMS/SMPP)

-       Incendie (Mt Blanc, Manche, Stocamine, Asse, WIPP …) / bitume

-       Explosion : usine de production d’H2 (5000 m3/an = 10 tonnes de TNT) /+ pression H2

-       Coactivité (accidents/chutes de colis/exposition …)

  • Apprentis sorciers

Mais Solutions techniques non abouties : 

-       donc à plus forte raison non éprouvées (essais démonstratifs à l’échelle 1 non conclusifs / comportement sur des échelles de temps réelles impossibles et extrapolations hasardeuses)

-       bouchon d’argile gonflante (pellets, briques, poudre …), saturation > 500 tonnes/m2, cicatrisation / récupérabilité

-       co-activité travaux – exploitation (« sectorisation » incendie, ventilation nucléaire (zone chantier/INB) …

  • Menteurs

Coût exponentiel et sous-évalué, au profit des groupes capitalistes, en 1erlieu du BTP (Bouygues, Vinci, Eiffage …) :

2005 = 16,5 MM €(n’importe quoi !)

2011 < 25 MM €(décret Ségolène Royal)

2017 = 43,6 MM €(ANDRA)

2019 - ? = ?

  • Optimisation alvéoles 130 m / dégradation de la sûreté et de la radioprotection
  • Fébrilité (incertitudes techniques et financières) / répression
  • Désinformation (exemple = bouchon de bouteille)

 

 

 

3)     POUBELLE DE DECHETS IMMERGES  = PISCINE CENTRALISEE A BELLEVILLE S LOIRE (EDF)  

Le retraitement des combustibles usés concentre des déchets extrêmement nocifs (on vient de le voir), de l’uranium qu’on récupère pour refabriquer du combustible, mais aussi beaucoup de Pu, produit par la réaction nucléaire dans les réacteurs (n’existe pas à l’état naturel). Cet élément radioactif est très embarrassant.

Pour nous : utilité sociale zéro car bombe et élément sans doute le plus radiotoxique de l’univers (x microgrammes).

Pour les puissances impérialistes : éviter la prolifération Pu = prolifération armes nucléaires. Idée géniale MOX (USA, Russie, France) : combustibles mixte d’oxydes d’uranium et de Pu (24 réacteurs « moxés » en France  + EPR / 40 au total dans le monde  = business ORANO : MELOX / Japon). Pas utilisé ni aux USA ni en Russie ni en Chine car énormément d’inconvénients, en particulier :

1)    les combustibles MOX ne peuvent servir qu’une seule fois : on ne peut pas les retraiter

2)    le MOX usé chauffe énormément et met 10 fois plus de temps à se refroidir que le Combustible classique : pour atteindre une même puissance résiduelle, quand on attend 10 ans avec les combustibles usés « classiques », il faut attendre 100 ans  pour le MOX.

Donc EDF et ORANO entassent les combustibles Mox usés dans des piscines. MAIS AUSSI, les combustibles URE (on ne peut pas les retraiter : cf. remarque sur le retraitement). Protection rayonnements, confinement, maitrise criticité, refroidissement.

Schéma piscine (bardage, bacs acier)

Résultat : les piscines des centrales EDF moxées sont saturées et les 4 piscines de La Hague seront bientôt remplies : 

-       La Hague = 12 000 tonnes de combustible usé (irradié), pour une capacité théorique de 17 000 tonnes, mais qui est en réalité plus faible car :

  • limitée par la capacité de refroidissement du MOX : temp max de l’eau = 35°C)
  • Les combustibles déjà retraités une fois restent en piscine
  • Fin 2016, EDF et AREVA estimaient que les 4 piscines étaient remplies à 93%.

-       2010 : EDF a demandé une densification de ses piscines (avis technique défavorable de l’IRSN)

-       2011 : Fukushima ; l’ASN a refusé et a demandé à EDF de trouver une solution pour le MOX : AREVA (ORANO) = nouvelle piscine à La Hague     

  • Parenthèse : 11 mars 2011 = Fukushima 3 réacteurs (n°1, n°2, n°3) explosent ; l’accident n’est pas terminé car les 3 coeurs sont toujours en fusion. 21 décembre 2014 (3 ans ½ après la catastrophe), communiqué de victoire de TEPCO (l’exploitant de la centrale) : ça y est on a réussi à vider la piscine du réacteur n°4. Il était à l’arrêt le 11 mars, donc épargné par l’accident, mais sa piscine contenait 1535 assemblages de combustibles (radioactivité équivalente à 5000 / 10 000 Hiroshima). La piscine du réacteur n°4 a dû être refroidie depuis 2011 par des moyens de fortune pour éviter une « sur-catastrophe » dont on s’est bien gardé de parler pour ne pas « affoler inutilement les populations ».

-       En 2015, AREVA a abandonné le projet (financement) et repassé la patate chaude à EDF

-       En avril 2017, EDF a déposé un DOS (description des principes de la piscine) pour accord de l’ASN 

-       En février 2018, les journalistes de Reporterre ont révélé le site retenu par EDF pour cette piscine : la centrale de Belleville sur Loire, pour minimiser les distances de transport des combustibles irradiés. EDF a commencé à racheter des terrains aux agriculteurs autour de la centrale (extension des emprises INB = c’est la méthode des boites du nucléaire : cf. Malvesi).

-       2020 DAC

-       2030 mise en service

-       2150 fin d’exploitation ( ?)

Tout ça dans la plus grande opacité (les élus locaux et régionaux n’étaient pas au courant). En plein vignoble du Sancerre et du Pouilly Fumé, ça fait tâche. L’opacité, dans le monde nucléaire, c’est normal. Et la protection des piscines ainsi que le transport des combustibles,  c’est du secret défense (tarif 7 ans de prison et 100 000 euros d’amende). Mais surtout ça serait avouer que le retraitement, avec un soi-disant recyclage des combustibles, n’est qu’un affichage marketing, et qu’on se retrouve au bout du compte, en plus des déchets, avec des combustibles usagés qui finissent dans des piscines. 

  • Description :10 000 tonnes (capacité idem 4 piscines de La Hague) ; coque avion ; transports de combustibles
  • Quels risques ?

Les piscines contiennent 75 à 80% des combustibles en France. Pour donner une idée, les 4 piscines de La Hague (retraitement) concentrent actuellement 12 000 t en un seul lieu l’équivalent de 150 réacteurs nucléaires (plus dangereux car combustibles irradiés) !

En 2017 Greenpeace a fait parler des piscines par 2 opérations médiatiques pour démontrer la vulnérabilité des piscines EDF ; en pénétrant dans une centrale pour tirer un feu d’artifice en 2017 pour simuler une attaque par un commando et en juillet dernier en envoyant un drone se crasher sur un bâtiment combustible pour simuler une chute intentionnelle d’avion. La députée LREM Perrine Goulet, ex cadre à la centrale de Belleville sur Loire reconvertie dans la politique, s’était alors distinguée en demandant à Gérard Collomb une sécurisation par mirador, « de ne plus se poser de questions et quand il y a une intrusion, de tirer. » Barbara Pompili, ex EELV recyclée aussi à LREM, avait enfoncé le clou en insinuant que « le bon petit terroriste va prendre une banderole Greenpeace », pour conclure : « je pense qu’à un moment il va falloir ne plus distinguer ». Le rapport parlementaire sorti en juillet dernier (Barbara Pompili rapportrice, préconise plus de gendarmes dans les centrales  et le floutage des sites sur google earth) – et même Greenpeace - caresse l’opinion dans le sens du poil en se focalisant sur risque terroriste. 

Mais le terrorisme n’est qu’un aggravant, car les piscines sont extrêmement dangereuses car vulnérables à d’autres évènements (tempête, tornade, séisme, chute accidentelle en manutention etc …) pour éviter le « dénoyage » qui entrainerait une réaction en chaine : il faut toujours une alimentation en eau et électricité pour refroidir et échapper à une catastrophe nucléaire.

  • 5 mensonges :

1ermensonge(Perrine Goulet) : « A l’heure actuelle, il y a déjà 2 piscines de stockage à Belleville. Il s’agit ni plus ni moins de ce qu’on a déjà » 

2èmemensonge(toujours Perrine Goulet) : « Et puis ce combustible usagé ne restera qu’un certain temps. On n’est pas dans le déchet pérenne. » (120 ans !)

3èmemensonge (ceux qui prétendent qu’on brûlera le Pu du MOX qu’on retraitera plus tard dans les réacteurs de 4èmegénération (ASTRID) : personne n’y croit (le gvt a coupé les crédits pour le CEA : puissance proto réduite à 100 MW au lieu des 600 prévus) 

4èmemensonge(ceux qui prétendent qu’on stockera le MOX à CIGEO) : au bout de 300 ans, le MOX dégage plus de 2 fois de chaleur que la limite autorisée (il faudrait 1 conteneur de MOX espacé par 6 conteneurs vides) 

5èmemensonge(Hulot) : « CIGEO est la meilleure des solutions ». Non CIGEO ne règle rien, au contraire.  

 

 

  • EN RESUME :

Le retraitement c’est :

On concentre des déchets extrêmement nocifs (HA), qu’on stocke ensuite à CIGEO en les espaçant (2/3 futs vides et 1/3 fût plein : on stocke du vide

Un combustible neuf n’est retraité qu’une fois : usagé, il finit dans une piscine poubelle (17 000 tonnes en 2013, 34 000 tonnes en 2020)

Un combustible MOX n’est pas retraité ; usagé, il finit aussi dans une piscine poubelle (1700 tonnes en 2013, 2400 tonnes en 2020)

C’est une politique irrationnelle basée sur une escroquerie intellectuelle pour alimenter un business lucratif (mais qui le sera de moins en moins) de poubelles nucléaires : une forme d’argent sale qui vise à perpétuer le système. 

D’ailleurs, aux USA ORANO vend des bunkers préfabriqués en béton (Nuhoms marque déposée) pour l’entreposage de longue durée en surface des combustibles usés, qu’il présente comme la solution de référence (ORANO leader mondial). Mais en France, ORANO affiche le contraire : la solution de référence, c’est le retraitement ! 

Si les mots ont un sens, ça s’appelle une grosse arnaque, mais « business is business » comme on dit.

 

 

4)     POUR EN DISCUTER DANS CET ATELIER, DES PISTES DE SOLUTIONS POUR DES AXES DE MOBILISATION ANTICAPITALISTES

 

Triple Bilan accablant, déjà très lourd, qu’il faut arrêter de toute urgence :

1)    Crime contre l’humanité (bombe, catastrophes nucléaire, épée de Damoclès sur les peuples du monde)

2)    Dette écologique (ardoise laissée à notre génération et aux futures)

3)    Fiasco économique et social, mais marchés juteux pour les multinationales dont les contrats sont « garantis » par les fonds publics = nos impôts: 8,5 milliards pour renflouer ORANO, combien de milliards pour EDF/EPR Hinkley Point + FA3 / démantèlement ? Cigéo ? Piscine centralisée ?

Socialisation des pertes, privatisation des profits, antidémocratique (décisions imposées, sans information ni contrôle)

 

  • Ce que nous défendons :

1)    Crime : Arrêt du nucléaire civil et militaire (plan sous 10 ans : cf. brochure) : développer les alternatives écosocialistes : économies d’énergie, programmes de R&D sur les énergies renouvelables, plan de reconversion des travailleurs et des activités nucléaires …

2)    Dette : Dans l’immédiat, solutions pour ne pas alourdir la dette (déchets) et préserver l’avenir en attente de solutions fiables suite aux avancées scientifiques et techniques :

  1. Ne pas mettre en service EPR, ITER et autres …
  2. Arrêter tout de suite le « retraitement » et la production du MOX
  3. Entreposage à sec en surface des combustibles irradiés
  4. Ne pas enfouir les déchets déjà produits (entreposage longue durée HA et MAVL) 
  5. Ne pas démanteler sauf urgence (Sanctuariser les sites fermés)

3)    Fiasco : révolution sociale, politique, démocratique et écologique, cohérente avec le programme du NPA :

  1. expropriation sans indemnités de tous les secteurs de l’énergie et création d’un service public unifié de l’énergie basé sur la production d’énergies renouvelables et d’une régie publique pour gérer la dette écologique (déchets nucléaires)
  2. mise en place de conseils élus (travailleurs (euses) secteur de l’énergie, notamment du nucléaire, dont les compétences seront nécessaires pendant des décennies) pour décider, gérer, contrôler ces processus 
  3. Planification de la production et des priorités pour répondre aux besoins réels